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Le corps pur et ses caractéristiques

Un corps pur est constitué d'une seule sorte de matière. Il se reconnaît à ses caractéristiques physiques : sa température de fusion, sa température d'ébullition et sa masse volumique sont des valeurs fixes, propres à lui seul, qui ne dépendent ni de la quantité ni de la forme de l'échantillon. L'eau pure fond à 0 °C, bout à 100 °C sous la pression atmosphérique normale et a une masse volumique de 1 g/cm3. Un mélange, lui, n'a pas de palier net : c'est le test le plus sûr pour distinguer une eau pure d'une eau salée parfaitement limpide.

Mis à jour le

Le thermomètre de cette carte est l'instrument qui identifie un corps pur : sa température de fusion et sa température d'ébullition sont des valeurs fixes, propres à lui seul. Programme de 1AC, semestre 1.

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Définir un corps pur et le distinguer d'un mélange homogène
  • Citer les trois caractéristiques physiques d'un corps pur
  • Comprendre qu'une caractéristique ne dépend ni de la quantité ni de la forme
  • Reconnaître un corps pur à son palier net de changement d'état
  • Identifier un corps inconnu en croisant plusieurs caractéristiques
  • Expliquer l'effet d'une impureté sur les températures de changement d'état
  • Savoir ce qu'un test de reconnaissance prouve et ce qu'il ne prouve pas

PrérequisLes mélanges homogènes et hétérogènes · Le palier de température et les changements d'état · La masse volumique et son calcul

Qu'est-ce qu'un corps pur ?

Définition

Corps pur : Un corps pur est constitué d'une seule sorte de matière. L'eau distillée, le fer pur, le sucre pur et le dioxygène pur en sont des exemples.

Attention

Un corps pur n'est pas la même chose qu'un mélange homogène. L'eau salée est limpide, uniforme et parfaitement homogène, et pourtant elle contient deux corps. La transparence ne prouve rien, l'uniformité non plus : il faut une mesure.

Toute la question est donc : comment reconnaître un corps pur quand l'œil ne suffit plus ? La réponse tient en trois grandeurs, qui ont ceci de particulier qu'elles ne dépendent que de la nature du corps.

Les trois caractéristiques d'un corps pur

Propriété

Ce qu'est une caractéristique

Une caractéristique physique est une grandeur dont la valeur ne dépend ni de la quantité de l'échantillon ni de sa forme, mais uniquement de la nature du corps. Un gramme de fer et une tonne de fer partagent exactement les mêmes caractéristiques.

  • La température de fusion, notée θf : celle du palier de fusion, la même que celle de la solidification.
  • La température d'ébullition, notée θe : celle du palier de vaporisation, à pression donnée.
  • La masse volumique ρ : le quotient de la masse par le volume.
Les trois caractéristiques d'un corps purUn cadre central porte le nom du corps étudié, l'eau pure. Trois flèches en partent vers trois encadrés. Le premier donne sa température de fusion, zéro degré Celsius. Le deuxième donne sa température d'ébullition, cent degrés Celsius. Le troisième donne sa masse volumique, un gramme par centimètre cube. Une mention rappelle qu'aucune de ces trois valeurs ne dépend de la quantité d'eau étudiée.EAU PUREun corps purfusion : 0 °Cébullition : 100 °Cmasse vol. : 1 g/cm³trois valeurs qui ne dépendent pas de la quantité
Les trois caractéristiques d'un corps pur. Un corps pur se reconnaît à trois valeurs fixes : sa température de fusion, sa température d'ébullition et sa masse volumique, qui ne dépendent que de sa nature.
Les caractéristiques de quelques corps pursUn tableau de quatre lignes et trois colonnes. Les lignes portent les noms de quatre corps purs : l'eau, l'alcool éthylique, le plomb et le fer. Les colonnes donnent pour chacun sa température de fusion, sa température d'ébullition et sa masse volumique. Les valeurs vont de températures négatives pour l'alcool à plus de deux mille degrés pour l'ébullition du fer.fusionébullitionρ (g/cm³)eau0 °C100 °C1,00alcool-114 °C78 °C0,79plomb327 °C1750 °C11,3fer1535 °C2750 °C7,8
Les caractéristiques de quelques corps purs. Deux corps purs différents n'ont jamais exactement le même jeu de caractéristiques : c'est ce qui permet d'identifier un corps en les mesurant.
Corps purFusion θfÉbullition θeMasse volumique ρ
Eau0 °C100 °C1,00 g/cm3
Alcool éthylique114 °C78 °C0,79 g/cm3
Mercure39 °C357 °C13,6 g/cm3
Plomb327 °C1750 °C11,3 g/cm3
Aluminium660 °C2470 °C2,7 g/cm3
Cuivre1085 °C2560 °C8,9 g/cm3
Fer1535 °C2750 °C7,8 g/cm3
Toutes ces valeurs sont données sous la pression atmosphérique normale : les températures d'ébullition changeraient sous une autre pression.

Remarque

Ces valeurs expliquent au passage l'état de chaque corps à température ordinaire. À 20 °C, le mercure est liquide parce que 20 est compris entre 39 et 357 ; le plomb est solide parce que 20 est inférieur à 327. Il suffit de situer 20 °C par rapport aux deux températures du tableau.

Le palier net, signature d'un corps pur

Propriété

Le critère de pureté

Un corps pur change d'état à température constante : sa courbe présente un palier parfaitement horizontal. Un mélange n'a pas de palier net : sa température continue de varier pendant le changement d'état.

Deux courbes de solidificationDeux courbes de refroidissement tracées sur le même graphique, avec le temps en abscisse et la température en ordonnée. La courbe de l'eau pure descend, puis reste parfaitement horizontale à zéro degré pendant toute la solidification, puis descend à nouveau. La courbe de l'eau salée descend en dessous de zéro avant de commencer à geler, et pendant sa solidification elle continue lentement de descendre au lieu de rester horizontale.tempstempérature (°C)0 °Ceau pure : palier neteau salée : pas de palierle palier horizontal est le test le plus sûr
Deux courbes de solidification. Une eau pure présente un palier parfaitement horizontal à 0 °C ; une eau salée gèle en dessous de 0 °C et sa température continue de descendre pendant la solidification : le palier net est la signature d'un corps pur.

Méthode

Vérifier qu'un liquide est un corps pur

  1. Placer un échantillon dans un tube, avec un thermomètre dont le réservoir est au milieu du liquide.
  2. Refroidir ou chauffer régulièrement, et relever la température à intervalles réguliers.
  3. Tracer la courbe de la température en fonction du temps.
  4. Chercher un palier horizontal : s'il est net et à la valeur attendue, l'échantillon est un corps pur ; sinon, c'est un mélange.

Trancher entre deux flacons

Deux flacons contiennent l'un de l'eau distillée, l'autre de l'eau salée. Les deux sont limpides et incolores. Comment savoir lequel est lequel ?

  1. L'observation ne sert à rien : les deux sont homogènes et transparents.
  2. On chauffe chaque échantillon et on relève la température. L'eau distillée bout à 100 °C avec un palier horizontal net.
  3. L'eau salée bout au-dessus de 100 °C, et sa température continue de monter pendant l'ébullition : pas de palier net.
  4. On peut aussi mesurer la masse volumique : 1,00 g/cm3 pour l'eau pure, davantage pour l'eau salée. Deux tests concordants valent mieux qu'un.

L'effet d'une impureté

Propriété

Ce qu'une impureté modifie

Ajouter un corps dissous à un liquide abaisse sa température de solidification et élève sa température d'ébullition. Le palier net disparaît : le changement d'état s'étale sur une plage de températures.

Le sel abaisse la température de solidificationUne droite graduée en degrés Celsius, allant de moins vingt à dix. Un repère est placé à zéro degré et désigné comme la température de solidification de l'eau pure. Un second repère est placé à moins dix-huit degrés et désigné comme la température de solidification d'une eau très salée. Une zone est marquée entre ces deux valeurs : c'est la plage de températures dans laquelle une route salée ne verglace pas alors qu'une route non salée gèlerait.−20−15−10−50510eau pureeau très saléetempérature de solidification (°C)dans cette plage, l'eau salée reste liquide
Le sel abaisse la température de solidification. Le sel abaisse la température de solidification de l'eau : une eau très salée reste liquide jusque vers moins dix-huit degrés, ce qui est la raison pour laquelle on sale les routes en hiver.
  • On sale les routes en hiver pour que l'eau y reste liquide en dessous de 0 °C, donc pour éviter le verglas.
  • On sale l'eau des pâtes : elle bout un peu au-dessus de 100 °C, donc les pâtes cuisent dans un liquide légèrement plus chaud.
  • Un antigel dans le circuit de refroidissement d'une voiture abaisse la température de solidification de l'eau pour qu'elle ne gèle pas en hiver.

Attention

Ces effets sont d'autant plus marqués que la solution est concentrée. Une pincée de sel dans une casserole change la température d'ébullition de manière imperceptible ; c'est la présence de l'impureté, et non sa quantité, qui fait disparaître le palier net.

Identifier un corps inconnu

Méthode

Identifier un corps pur inconnu

  1. Mesurer sa masse volumique : peser l'échantillon, mesurer son volume, calculer le quotient.
  2. Mesurer sa température de fusion ou d'ébullition, en traçant la courbe et en repérant le palier.
  3. Comparer chaque valeur au tableau des corps purs.
  4. Conclure seulement si plusieurs caractéristiques concordent : une seule valeur compatible ne suffit pas.
ρ=mV
La masse volumique est la caractéristique la plus facile à mesurer au collège, et souvent la première à essayer.

Attention

Une caractéristique mesurée compatible avec un corps ne prouve pas qu'il s'agit de ce corps. La glace et l'huile ont toutes deux une masse volumique de 0,92 g/cm3. C'est le croisement de plusieurs mesures qui transforme une hypothèse en conclusion, et il n'y a jamais de honte à écrire « les mesures sont compatibles avec » plutôt que « c'est ».

Une identification complète

Un liquide inconnu a une masse volumique de 0,79 g/cm3 et présente un palier d'ébullition net à 78 °C. De quel corps s'agit-il ?

  1. La masse volumique 0,79 g/cm3 correspond, dans le tableau, à l'alcool éthylique.
  2. La température d'ébullition 78 °C correspond au même corps.
  3. Le palier est net, donc l'échantillon est bien un corps pur et non un mélange.
  4. Les trois observations concordent : l'échantillon est de l'alcool éthylique.

Pour l'eau en particulier, plusieurs tests existent, et ils ne prouvent pas la même chose. Les confondre est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Ce que chaque test prouve, et ce qu'il ne prouve pasUn tableau de trois lignes et deux colonnes. Les lignes portent trois tests possibles sur un échantillon liquide : le sulfate de cuivre anhydre, la mesure de la température d'ébullition et l'évaporation totale. La première colonne indique ce que chaque test établit, la seconde ce qu'il n'établit pas. Le sulfate de cuivre prouve la présence d'eau sans prouver la pureté ; la température d'ébullition et l'évaporation, elles, renseignent sur la pureté.ce que le test prouvece qu'il ne prouve passulfate decuivre anhydreil y a de l'eauque l'eau soit purepalier à 100 °Cc'est de l'eau purerien de plusévaporationun dépôt signaleun corps dissousl'absence de dépôtne prouve pas tout
Ce que chaque test prouve, et ce qu'il ne prouve pas. Le sulfate de cuivre anhydre prouve qu'il y a de l'eau, jamais qu'elle est pure : seuls le palier d'ébullition et l'évaporation totale renseignent sur la pureté.

Remarque

L'eau du robinet est potable, limpide et sans danger, et pourtant ce n'est pas un corps pur : elle contient des sels dissous et un peu de gaz. Pure et potable sont deux qualités différentes, et une eau distillée, parfaitement pure, n'est d'ailleurs pas la meilleure des eaux de boisson, précisément parce qu'elle ne contient plus les sels minéraux utiles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un corps pur ?

Un corps pur est constitué d'une seule sorte de matière, comme l'eau distillée, le fer pur ou le sucre pur. Il se reconnaît à ses caractéristiques physiques, qui sont des valeurs fixes propres à lui seul : sa température de fusion, sa température d'ébullition et sa masse volumique. Un mélange homogène, lui, contient plusieurs corps même s'il paraît uniforme.

Quelles sont les caractéristiques d'un corps pur ?

Trois grandeurs suffisent au collège : la température de fusion, la température d'ébullition et la masse volumique. Ce qui en fait des caractéristiques est qu'elles ne dépendent ni de la quantité ni de la forme de l'échantillon, mais uniquement de la nature du corps. Un gramme de fer et une tonne de fer ont exactement les mêmes valeurs.

Comment reconnaître un corps pur ?

En traçant sa courbe de changement d'état. Un corps pur change d'état à température constante : sa courbe présente un palier parfaitement horizontal, à 0 °C pour la fusion de l'eau et à 100 °C pour son ébullition. Un mélange n'a pas de palier net : sa température continue de varier pendant le changement d'état.

Comment distinguer une eau pure d'une eau salée limpide ?

L'observation ne sert à rien, car les deux sont incolores et parfaitement homogènes. Il faut mesurer. En chauffant, l'eau pure bout à 100 °C avec un palier horizontal net, tandis que l'eau salée bout au-dessus de 100 °C sans palier net. On peut aussi mesurer la masse volumique, ou évaporer un échantillon : l'eau salée laisse un dépôt.

Quelles sont les caractéristiques de l'eau pure ?

Sa température de fusion vaut 0 °C, sa température d'ébullition 100 °C sous la pression atmosphérique normale, et sa masse volumique 1,00 g/cm³. Ces trois valeurs, prises ensemble, identifient l'eau pure sans ambiguïté, et aucune ne change si l'on double ou si l'on divise la quantité d'eau étudiée.

Quel effet le sel a-t-il sur l'eau ?

Il abaisse sa température de solidification et élève sa température d'ébullition. Une eau très salée gèle vers -18 °C et bout un peu au-dessus de 100 °C. Le palier net disparaît aussi, puisque la solution est un mélange. C'est cette baisse du point de congélation qui explique le salage des routes en hiver et l'usage d'un antigel dans les moteurs.

Comment identifier un corps pur inconnu ?

On mesure sa masse volumique en pesant un volume connu, puis sa température de fusion ou d'ébullition en traçant la courbe et en repérant le palier. On compare ensuite ces valeurs au tableau des corps purs. La conclusion n'est solide que si plusieurs caractéristiques indépendantes désignent le même corps : une seule valeur compatible ne suffit pas.

Le test au sulfate de cuivre prouve-t-il qu'une eau est pure ?

Non, jamais. Le sulfate de cuivre anhydre bleuit en présence d'eau, quelle que soit la pureté de cette eau : une eau salée, une eau sucrée ou une eau minérale le font bleuir exactement comme de l'eau distillée. Il prouve une présence, pas une pureté. Seul un palier net à 100 °C conclut sur la pureté.

L'eau du robinet est-elle un corps pur ?

Non. Elle est limpide, potable et sans danger, mais elle contient des sels dissous et un peu de gaz : c'est un mélange homogène. Pure et potable sont deux qualités différentes, et une eau distillée, parfaitement pure, n'est d'ailleurs pas la meilleure eau de boisson, puisqu'elle n'apporte aucun sel minéral.

Deux corps différents peuvent-ils avoir la même masse volumique ?

Oui. La glace et l'huile valent toutes deux 0,92 g/cm³, par exemple. C'est pourquoi une mesure isolée ne permet jamais de conclure avec certitude : elle rend une hypothèse compatible, sans l'établir. Croiser une deuxième caractéristique, comme la température de fusion ou l'état à température ordinaire, lève l'ambiguïté immédiatement.

Quiz : 20 questions sur ce chapitre

20 questions tirées au hasard parmi les 40 de ce chapitre : le quiz est différent à chaque visite. Une seule réponse est correcte, et vous voyez immédiatement si la vôtre l'est.

Q1Un corps pur est constitué :

Exercices corrigés

30 exercices classés du plus simple au plus difficile. Cherchez d'abord seul, puis révélez la correction rédigée étape par étape.

Exercice 1

Facile

Indiquer s'il s'agit d'un corps pur ou d'un mélange.

  1. L'eau distillée
  2. L'eau du robinet
  3. Le fer pur
  4. L'eau de mer

Correction

1. Corps pur.

2. Mélange : elle contient des sels dissous.

3. Corps pur.

4. Mélange.

Exercice 2

Facile
  1. Quelle est la température de fusion de l'eau pure ?
  2. Quelle est sa température d'ébullition ?
  3. Quelle est sa masse volumique ?

Correction

1. 0 °C.

2. 100 °C, sous la pression atmosphérique normale.

3. 1,00 g/cm3.

Exercice 3

Facile

Indiquer si chaque affirmation est vraie ou fausse.

  1. Un mélange homogène est un corps pur.
  2. Un corps pur change d'état à température constante.
  3. La masse volumique dépend de la quantité de l'échantillon.
  4. Une eau limpide est forcément pure.

Correction

1. Faux. L'eau salée est homogène et n'est pas un corps pur.

2. Vrai. Sa courbe présente un palier horizontal.

3. Faux. C'est une caractéristique : elle ne dépend que de la nature du corps.

4. Faux. L'eau salée est limpide et ce n'est pas un corps pur.

Exercice 4

Facile

Le plomb fond à 327 °C et bout à 1750 °C. L'alcool éthylique fond à 114 °C et bout à 78 °C.

  1. Dans quel état est le plomb à 20 °C ?
  2. Dans quel état est l'alcool à 20 °C ?
  3. Dans quel état est l'alcool à 90 °C ?

Correction

1. Solide : 20<327.

2. Liquide : 114<20<78.

3. Gazeux : 90>78.

Exercice 5

Facile
  1. Que présente la courbe d'un corps pur pendant un changement d'état ?
  2. Et celle d'un mélange ?
  3. Ce test permet-il de distinguer une eau pure d'une eau salée ?

Correction

1. Un palier, c'est-à-dire un segment parfaitement horizontal.

2. Pas de palier net : la température continue de varier.

3. Oui, et c'est le test le plus sûr, puisque les deux sont limpides.

Exercice 6

Facile

Un liquide a une masse volumique de 13,6 g/cm3.

  1. De quel corps s'agit-il ?
  2. Est-il liquide à 20 °C ?

Correction

1. Du mercure.

2. Oui : il fond à 39 °C et bout à 357 °C, donc 20 °C se situe bien entre les deux.

Exercice 7

Facile
  1. Quel effet le sel a-t-il sur la température de solidification de l'eau ?
  2. Et sur sa température d'ébullition ?
  3. Pourquoi sale-t-on les routes en hiver ?

Correction

1. Il l'abaisse : l'eau salée gèle en dessous de 0 °C.

2. Il l'élève : l'eau salée bout au-dessus de 100 °C.

3. Pour que l'eau reste liquide en dessous de 0 °C, donc pour éviter le verglas.

Exercice 8

Facile

On dépose du sulfate de cuivre anhydre sur un échantillon liquide : la poudre bleuit.

  1. Qu'a-t-on prouvé ?
  2. A-t-on prouvé que le liquide est de l'eau pure ?

Correction

1. Que l'échantillon contient de l'eau.

2. Non. Une eau salée ou sucrée ferait bleuir la poudre exactement de la même façon.

Exercice 9

Facile

Ces grandeurs sont-elles des caractéristiques d'un corps pur ?

  1. La masse
  2. La masse volumique
  3. Le volume
  4. La température de fusion

Correction

1. Non : elle dépend de la quantité.

2. Oui.

3. Non : il dépend de la quantité.

4. Oui.

Exercice 10

Facile
  1. L'eau du robinet est-elle un corps pur ?
  2. Est-elle potable ?
  3. Ces deux mots signifient-ils la même chose ?

Correction

1. Non : elle contient des sels dissous et un peu de gaz.

2. Oui, elle peut être bue sans danger.

3. Non. Pure décrit la composition, potable décrit l'aptitude à être bue. Une eau peut être l'un sans être l'autre.

Exercice 11

Moyen

Deux flacons non étiquetés contiennent l'un de l'eau distillée, l'autre de l'eau salée. Les deux sont limpides et incolores.

  1. L'observation permet-elle de les distinguer ?
  2. Proposer deux tests différents.
  3. Pourquoi vaut-il mieux en faire deux qu'un seul ?

Correction

1. Non : les deux sont des mélanges d'aspect identique, l'un homogène et l'autre pur.

2. Chauffer et relever la courbe : l'eau pure bout à 100 °C avec un palier net, l'eau salée au-dessus et sans palier. Ou bien mesurer la masse volumique : 1,00 g/cm3 pour l'eau pure, davantage pour l'eau salée. Ou encore évaporer un échantillon : l'eau salée laisse un dépôt.

3. Parce qu'une seule mesure peut être fausse, ou compatible avec plusieurs corps. Deux tests concordants rendent la conclusion beaucoup plus solide.

Exercice 12

Moyen

Trois échantillons sont chauffés. A présente un palier parfaitement horizontal à 80 °C. B présente une plage où la température monte lentement, de 76 à 84 °C. C ne présente aucun palier.

  1. Lequel est certainement un corps pur ?
  2. Que peut-on dire de B ?
  3. Que peut-on dire de C ?

Correction

1. A, dont le palier est net.

2. C'est un mélange : le changement d'état s'étale sur une plage au lieu de se faire à température constante.

3. Soit C est un mélange, soit le chauffage n'a jamais atteint sa température de changement d'état. L'absence de palier ne suffit pas à conclure sans savoir jusqu'où on a chauffé.

Exercice 13

Moyen

Le tableau donne les températures de changement d'état de trois corps.

  • Corps X : fusion 39 °C, ébullition 357 °C.
  • Corps Y : fusion 660 °C, ébullition 2470 °C.
  • Corps Z : fusion 114 °C, ébullition 78 °C.
  1. Dans quel état est chaque corps à 20 °C ?
  2. Et à 500 °C ?
  3. Identifier les trois corps à l'aide du tableau du cours.

Correction

1. À 20 °C : X est liquide, Y est solide, Z est liquide.

2. À 500 °C : X est liquide (500<357 est faux, donc X est en réalité gazeux), Y est solide (500<660), Z est gazeux.

3. X est le mercure, Y l'aluminium, Z l'alcool éthylique.

Exercice 14

Moyen

Un morceau de métal a une masse de 89 g et un volume de 10 cm3. Chauffé, il commence à fondre vers 1085 °C.

  1. Calculer sa masse volumique.
  2. De quel métal s'agit-il ?
  3. Les deux mesures concordent-elles ?

Correction

1. ρ=8910=8,9 g/cm3.

2. Du cuivre.

3. Oui : le tableau donne 8,9 g/cm3 et 1085 °C pour le cuivre. Deux caractéristiques indépendantes désignent le même corps, ce qui rend la conclusion solide.

Exercice 15

Moyen

On ajoute une poignée de gros sel dans l'eau de cuisson des pâtes.

  1. Quel effet cela a-t-il sur la température d'ébullition ?
  2. L'eau bout-elle plus vite ou plus lentement ?
  3. La courbe présente-t-elle encore un palier net ?

Correction

1. Elle s'élève légèrement au-dessus de 100 °C.

2. Un peu plus lentement, puisqu'il faut atteindre une température plus élevée. En revanche, une fois l'ébullition atteinte, les pâtes cuisent dans un liquide un peu plus chaud.

3. Non, plus strictement : l'eau salée est un mélange. La température continue de monter très légèrement pendant l'ébullition, à mesure que l'eau part et que la solution se concentre.

Exercice 16

Moyen

Le circuit de refroidissement d'une voiture contient un mélange d'eau et d'antigel, qui gèle vers 25 °C.

  1. Que se passerait-il avec de l'eau pure par 10 °C ?
  2. Quel effet l'antigel produit-il ?
  3. Ce mélange présente-t-il un palier net de solidification ?

Correction

1. L'eau gèlerait, et comme elle augmente de volume en gelant, elle pourrait faire éclater le circuit.

2. Il abaisse la température de solidification du liquide, qui reste donc liquide bien en dessous de 0 °C.

3. Non : c'est un mélange, sa solidification s'étale sur une plage de températures.

Exercice 17

Moyen

Un échantillon a une masse volumique de 0,92 g/cm3.

  1. Quels corps du cours ont cette masse volumique ?
  2. Peut-on conclure ?
  3. Quelle mesure supplémentaire trancherait ?

Correction

1. La glace et l'huile.

2. Non : deux corps différents partagent cette valeur, donc la mesure ne suffit pas.

3. La température de fusion, ou tout simplement l'état à température ordinaire : à 20 °C, la glace n'existe pas et l'huile est liquide. Une seconde caractéristique lève l'ambiguïté immédiatement.

Exercice 18

Moyen

On dispose d'un échantillon liquide limpide et incolore.

  1. Le sulfate de cuivre anhydre bleuit. Qu'a-t-on prouvé ?
  2. L'évaporation ne laisse aucun dépôt. Qu'a-t-on prouvé ?
  3. L'ébullition présente un palier net à 100 °C. Qu'a-t-on prouvé ?

Correction

1. Qu'il contient de l'eau, rien de plus.

2. Qu'il ne contient pas de solide dissous en quantité détectable. Cela n'exclut pas un gaz dissous, ni un autre liquide miscible qui se serait évaporé lui aussi.

3. Qu'il s'agit d'eau pure. C'est le seul des trois tests qui conclue vraiment, parce qu'il ne teste pas la présence d'un corps mais la pureté de l'ensemble.

Exercice 19

Moyen

On compare un petit morceau de fer de 10 g et un bloc de fer de 10 kg.

  1. Ont-ils la même masse ?
  2. Ont-ils la même masse volumique ?
  3. Fondent-ils à la même température ?
  4. Qu'est-ce que cela illustre ?

Correction

1. Non, l'un est mille fois plus lourd.

2. Oui, 7,8 g/cm3 pour les deux.

3. Oui, 1535 °C pour les deux.

4. Qu'une caractéristique ne dépend ni de la quantité ni de la forme, contrairement à la masse et au volume. C'est ce qui la rend utilisable pour identifier un corps.

Exercice 20

Moyen

On refroidit un corps pur depuis l'état gazeux jusqu'à l'état solide.

  1. Combien de paliers la courbe présente-t-elle ?
  2. À quelles températures pour l'eau ?
  3. Que se passerait-il avec de l'eau salée ?

Correction

1. Deux, un pour chaque changement d'état.

2. À 100 °C pour la liquéfaction et à 0 °C pour la solidification.

3. Aucun palier ne serait net : les deux changements d'état s'étaleraient sur des plages, et ils commenceraient à des températures décalées, au-dessus de 100 °C et en dessous de 0 °C.

Exercice 21

Moyen

Une eau distillée est un corps pur ; une eau minérale contient des sels dissous.

  1. Laquelle est un corps pur ?
  2. Laquelle est la meilleure pour la santé ?
  3. Que faut-il en conclure sur le mot « pur » ?

Correction

1. L'eau distillée.

2. L'eau minérale, qui apporte des sels minéraux utiles à l'organisme.

3. Que « pur » est un terme de composition, pas un jugement de qualité. Un corps pur n'est ni meilleur ni pire : il est simplement fait d'une seule sorte de matière.

Exercice 22

Moyen

L'eau pure bout à 100 °C au niveau de la mer et à environ 93 °C à 2000 m d'altitude.

  1. La température d'ébullition est-elle une caractéristique ?
  2. Que faut-il préciser en la donnant ?
  3. La température de fusion pose-t-elle le même problème ?

Correction

1. Oui, mais à pression donnée. Elle ne dépend ni de la quantité ni de la forme, ce qui en fait bien une caractéristique, mais elle dépend d'une condition extérieure.

2. La pression. C'est pourquoi les tableaux précisent toujours « sous la pression atmosphérique normale ».

3. Beaucoup moins : la température de fusion est très peu sensible à la pression. C'est d'ailleurs pourquoi elle constitue un repère plus robuste pour graduer un thermomètre.

Exercice 23

Difficile

On dispose d'un liquide inconnu, limpide et incolore, et du matériel courant du laboratoire.

  1. Proposer un protocole complet d'identification.
  2. Dans quel ordre mener les mesures, et pourquoi ?
  3. À quelle condition peut-on conclure ?

Correction

1. Mesurer d'abord la masse volumique : peser un volume connu, prélevé à l'éprouvette, et diviser. Chauffer ensuite régulièrement un échantillon en relevant la température, tracer la courbe et repérer le palier d'ébullition. Comparer les deux valeurs au tableau des corps purs.

2. La masse volumique d'abord, parce qu'elle est rapide, sans danger et qu'elle réduit déjà fortement la liste des candidats. Le chauffage vient ensuite : il prend du temps, il exige une surveillance, et il détruit l'échantillon en le vaporisant.

3. Quand au moins deux caractéristiques indépendantes désignent le même corps, et que le palier est net, ce qui garantit qu'il s'agit bien d'un corps pur et non d'un mélange dont les valeurs se trouveraient proches par hasard.

Exercice 24

Difficile

Quatre affirmations sont proposées.

  • A : « L'eau du robinet est pure puisqu'elle est limpide. »
  • B : « Le sulfate de cuivre a bleui, donc c'est de l'eau pure. »
  • C : « Ce liquide bout à 100 °C avec un palier net, donc c'est de l'eau pure. »
  • D : « Deux corps différents ne peuvent pas avoir la même masse volumique. »
  1. Dire pour chacune si elle est correcte, et corriger si besoin.

Correction

A. Incorrecte. La limpidité prouve seulement qu'il n'y a rien en suspension. L'eau du robinet contient des sels dissous, donc c'est un mélange homogène.

B. Incorrecte. Le sulfate de cuivre anhydre prouve la présence d'eau, jamais sa pureté : une eau salée le fait bleuir tout autant.

C. Correcte. Le palier net garantit un corps pur, et la valeur 100 °C sous la pression atmosphérique normale désigne l'eau. C'est le seul raisonnement complet des quatre.

D. Incorrecte. La glace et l'huile valent toutes deux 0,92 g/cm3. Une caractéristique partagée est possible, et c'est précisément pour cela qu'on en croise plusieurs.

Exercice 25

Difficile

Trois échantillons liquides sont refroidis régulièrement.

  • A : palier horizontal net à 0 °C.
  • B : la température descend jusqu'à 2 °C, puis descend très lentement pendant la solidification.
  • C : palier horizontal net à 39 °C.
  1. Identifier autant que possible chaque échantillon.
  2. Pour B, que peut-on affirmer avec certitude ?
  3. Comment vérifier l'identification de C ?

Correction

1. A est un corps pur qui se solidifie à 0 °C : c'est de l'eau pure. C est un corps pur qui se solidifie à 39 °C : c'est du mercure. B n'est pas un corps pur.

2. Avec certitude, que B est un mélange, puisqu'il n'a pas de palier net. Le fait qu'il commence à geler légèrement en dessous de 0 °C suggère une eau contenant un corps dissous, mais cela reste une hypothèse : d'autres mélanges donneraient une courbe voisine.

3. En mesurant sa masse volumique : 13,6 g/cm3 confirmerait le mercure sans ambiguïté, aucune autre substance courante n'approchant cette valeur. On pourrait aussi vérifier sa température d'ébullition, 357 °C.

Exercice 26

Difficile

Une eau très salée se solidifie vers 18 °C. Une route est salée alors que la température de l'air est de 8 °C.

  1. La route va-t-elle verglacer ?
  2. Que se passerait-il si la température descendait à 22 °C ?
  3. Pourquoi le salage devient-il inutile par très grand froid ?
  4. Quelle autre méthode reste alors possible ?

Correction

1. Non : 8 °C est au-dessus de 18 °C, donc l'eau salée reste liquide.

2. L'eau salée se solidifierait elle aussi, et la route verglacerait malgré le sel.

3. Parce que l'abaissement de la température de solidification a une limite : au-delà d'une certaine concentration, ajouter du sel ne fait plus descendre le seuil. Le salage protège jusque vers 18 °C et pas plus bas.

4. L'épandage de gravillons, qui n'empêche pas la glace de se former mais rend la surface moins glissante. On change alors de stratégie : au lieu d'empêcher le changement d'état, on en compense l'effet.

Exercice 27

Difficile

Un cube métallique de 2 cm d'arête a une masse de 21,6 g. Chauffé, il fond vers 660 °C.

  1. Calculer son volume, puis sa masse volumique.
  2. Identifier le métal.
  3. Quelle serait la masse d'un cube du même métal de 4 cm d'arête ?
  4. Sa température de fusion serait-elle différente ?

Correction

1. V=23=8 cm3, donc ρ=21,68=2,7 g/cm3.

2. L'aluminium : le tableau donne 2,7 g/cm3 et 660 °C, les deux valeurs concordent.

3. Un cube de 4 cm d'arête a un volume de 43=64 cm3, soit huit fois plus. Sa masse vaut 2,7×64=172,8 g, soit huit fois plus également.

4. Non, toujours 660 °C. La masse et le volume ont été multipliés par huit, mais la masse volumique et la température de fusion n'ont pas bougé : ce sont des caractéristiques.

Exercice 28

Difficile

Deux béchers contenant 100 g et 300 g de la même eau pure sont chauffés par des dispositifs identiques.

  1. Les deux paliers d'ébullition seront-ils à la même température ?
  2. Auront-ils la même durée ?
  3. Si le premier palier dure 5 minutes, combien durera le second ?
  4. Que renseigne alors la durée d'un palier ?

Correction

1. Oui, tous deux à 100 °C : la température d'ébullition est une caractéristique du corps.

2. Non : il faut trois fois plus de chaleur pour vaporiser trois fois plus d'eau.

3. 5×3=15 minutes.

4. Sur la quantité de matière et sur la puissance du chauffage, jamais sur la nature du corps. C'est la hauteur du palier, et elle seule, qui identifie le corps.

Exercice 29

Difficile

Un élève veut prouver qu'un flacon contient de l'eau distillée. Il verse quelques gouttes sur du sulfate de cuivre anhydre : la poudre bleuit. Il conclut : « c'est bien de l'eau distillée ».

  1. Que son test prouve-t-il réellement ?
  2. Quelles hypothèses restent ouvertes ?
  3. Proposer deux tests complémentaires et dire ce que chacun éliminerait.

Correction

1. Uniquement que l'échantillon contient de l'eau.

2. Toutes celles où de l'eau est présente sans être pure : eau du robinet, eau salée, eau sucrée, eau minérale, eau légèrement alcoolisée. Le test ne les distingue en rien.

3. L'évaporation totale d'un échantillon : l'absence de dépôt éliminerait les eaux contenant un solide dissous, comme l'eau salée ou l'eau minérale. La courbe d'ébullition : un palier net à exactement 100 °C éliminerait tous les mélanges, y compris ceux dont le soluté serait volatil et que l'évaporation n'aurait pas révélés. Le second test est le plus concluant des deux.

Exercice 30

Difficile

Quatre échantillons liquides sont étudiés. Les mesures sont les suivantes.

  • A : ρ=1,00 g/cm3, palier net à 100 °C.
  • B : ρ=1,03 g/cm3, ébullition vers 102 °C sans palier net.
  • C : ρ=0,79 g/cm3, palier net à 78 °C.
  • D : ρ=13,6 g/cm3, palier net à 357 °C.
  1. Identifier chaque échantillon.
  2. Lequel n'est pas un corps pur, et à quoi le voit-on ?
  3. Pour chaque corps pur, dire dans quel état il se trouve à 20 °C.
  4. Quel échantillon ferait bleuir le sulfate de cuivre anhydre ?

Correction

1. A est de l'eau pure. B est de l'eau salée, vraisemblablement de l'eau de mer. C est de l'alcool éthylique. D est du mercure.

2. B, à deux indices concordants : l'absence de palier net, qui est le critère décisif, et une température d'ébullition supérieure à 100 °C, ce qui est exactement l'effet attendu d'un corps dissous.

3. Tous trois sont liquides à 20 °C. Pour A, 0<20<100. Pour C, 114<20<78. Pour D, 39<20<357.

4. A et B, les deux seuls qui contiennent de l'eau. Ce test ne les distinguerait donc pas l'un de l'autre, ce qui rappelle qu'il détecte une présence et non une pureté.