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MATHFJIB

Le traitement des eaux

L'eau prélevée dans un barrage, un oued ou une nappe est une eau brute : elle contient des déchets, des particules en suspension, des sels dissous et des microbes. La rendre potable demande une suite d'étapes qui reprennent, dans l'ordre du plus grossier au plus fin, les méthodes de séparation du chapitre précédent : dégrillage, décantation, filtration, puis désinfection, la seule étape qui ne sépare rien mais détruit les microbes. Après usage, l'eau devenue usée repasse par une station d'épuration avant de rejoindre le milieu naturel.

Mis à jour le

Les trois bassins de cette carte s'éclaircissent de gauche à droite : le traitement d'une eau brute est une suite d'étapes, décantation puis filtration puis désinfection, qui la rend potable. Programme de 1AC, semestre 1.

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Distinguer une eau brute, une eau potable et une eau pure
  • Citer les critères de potabilité d'une eau
  • Décrire les étapes du traitement d'une eau brute en eau potable
  • Expliquer le rôle de chaque étape et la propriété qu'elle exploite
  • Décrire le principe d'une station d'épuration des eaux usées
  • Citer les principales sources de pollution de l'eau et des gestes qui la préservent
  • Situer ces enjeux dans le contexte du Maroc

PrérequisL'eau dans notre environnement et le cycle de l'eau · Les mélanges homogènes et hétérogènes · Les méthodes de séparation : décantation, filtration, distillation

Eau brute, eau potable, eau pure

Définition

Eau brute : Une eau brute est une eau prélevée dans le milieu naturel, avant tout traitement : eau d'un barrage, d'un oued, d'un puits ou d'une nappe souterraine. Elle contient presque toujours des particules en suspension, des sels dissous et des micro-organismes.

Définition

Eau potable : Une eau potable est une eau que l'on peut boire sans danger pour la santé, de façon durable. Elle doit être limpide, incolore, sans odeur ni goût désagréable, exempte de micro-organismes dangereux et de substances toxiques, et contenir des sels dissous en quantités limitées.

Attention

Une eau potable n'est pas une eau pure. Elle contient des sels minéraux dissous, et c'est très bien ainsi : ce sont eux qui lui donnent son goût et qui apportent du calcium et du magnésium. Une eau distillée, parfaitement pure, est fade et n'apporte rien. Limpide ne veut pas dire potable non plus : un microbe ne se voit pas.

Trois eaux qui ne se confondent pasTrois verres alignés. Le premier contient une eau brute, trouble, avec des particules visibles et un dépôt. Le deuxième contient une eau potable, limpide, dans laquelle de petits points figurent les sels minéraux dissous, invisibles à l'œil nu. Le troisième contient une eau pure, limpide et absolument vide de tout autre constituant. Une mention sous chaque verre rappelle ce qu'il contient.eau brutetrouble, avec dépôtet microbestraitereau potablelimpide, avec des selsminéraux dissousdistillereau purerien d'autreque de l'eau
Trois eaux qui ne se confondent pas. Une eau brute contient particules et microbes, une eau potable est limpide mais contient encore des sels minéraux dissous, une eau pure ne contient rien d'autre que de l'eau.
Critère de potabilitéCe qu'on vérifie
Aspectlimpide, incolore, sans particule en suspension
Odeur et goûtsans odeur désagréable, goût acceptable
Micro-organismesabsence de bactéries et de virus dangereux
Substances toxiquesplomb, nitrates, pesticides sous les seuils autorisés
Sels dissousprésents, mais en quantités limitées
Aciditéni trop acide ni trop basique
Aucun de ces critères ne se vérifie à l'œil nu : une eau parfaitement limpide peut être dangereuse, et c'est pourquoi la potabilité relève d'analyses et non d'une observation.

Rendre une eau potable

Une station de traitement enchaîne des opérations déjà connues, dans l'ordre du plus grossier au plus fin. Chaque étape retire ce que la suivante ne saurait pas retirer, et prépare son travail.

Les étapes du traitement d'une eau bruteCinq bassins alignés de gauche à droite et reliés par des conduites, dont le contenu s'éclaircit d'un bassin au suivant. Le premier porte une grille verticale qui retient les gros déchets, c'est le dégrillage. Le deuxième laisse les particules se déposer au fond, c'est la décantation. Le troisième contient une couche de sable et de charbon, c'est la filtration. Le quatrième reçoit un produit désinfectant. Le cinquième est un réservoir d'où part la distribution.1dégrillage2décantation3filtration4désinfection5réservoirdu plus grossier au plus finseule la dernière étape ne sépare pas : elle détruit
Les étapes du traitement d'une eau brute. Le traitement d'une eau brute enchaîne dégrillage, décantation, filtration et désinfection : les trois premières étapes séparent, la dernière détruit les microbes.
  1. Le dégrillage. L'eau traverse des grilles de plus en plus serrées, qui retiennent les branches, les sacs et les gros déchets. C'est un tamisage, et il exploite la taille.
  2. La décantation. L'eau séjourne dans de grands bassins où les particules les plus denses tombent au fond. On y ajoute un floculant, comme le sulfate d'aluminium, qui rassemble les particules fines en flocons assez gros pour se déposer. La propriété exploitée est la masse volumique.
  3. La filtration. L'eau traverse des couches de sable de plus en plus fin, puis parfois de charbon actif, qui retient en plus les substances responsables des odeurs et des goûts. La propriété exploitée est encore la taille.
  4. La désinfection. On ajoute du chlore, de l'ozone, ou l'on expose l'eau à des rayons ultraviolets, pour détruire les micro-organismes. Cette étape ne sépare rien : elle tue.
  5. Le stockage et la distribution. L'eau est envoyée dans un château d'eau ou un réservoir, puis distribuée. Des analyses régulières contrôlent qu'elle reste conforme tout au long du réseau.
Un filtre à sableUne cuve vue en coupe, remplie de plusieurs couches superposées. L'eau trouble arrive par le haut. Elle traverse d'abord une couche de sable fin, puis une couche de sable plus grossier, puis une couche de graviers. Sous les graviers, l'eau ressort limpide par un tuyau situé en bas de la cuve. Les grains sont d'autant plus gros que la couche est basse.eau troublesable finsable grossiergravierseau limpidearrivée
Un filtre à sable. Dans un filtre à sable, les couches sont de plus en plus grossières vers le bas : le sable fin retient les particules, les graviers du fond soutiennent l'ensemble et laissent l'eau s'écouler.

Attention

Aucune des trois premières étapes ne retire les microbes : ils sont bien trop petits pour être décantés ou filtrés par du sable. Une eau parfaitement limpide peut donc rester dangereuse, et c'est exactement pour cela que la désinfection existe. Ne jamais confondre « claire » et « potable ».

Remarque

Aucune de ces étapes ne retire non plus les sels dissous, et ce n'est pas un manque : on ne cherche pas à les enlever. Seule une distillation ou un procédé équivalent le ferait, et c'est ce qu'on met en œuvre dans une station de dessalement, quand l'eau de départ est de l'eau de mer.

Méthode

Retrouver l'étape qui manque

  1. Repérer ce que l'eau contient encore : des gros déchets, des particules en suspension, des microbes, des sels dissous ?
  2. Associer chaque type de constituant à la propriété par laquelle il se distingue de l'eau.
  3. Choisir l'étape correspondante : la taille appelle un dégrillage ou une filtration, la masse volumique une décantation, un être vivant une désinfection, un corps dissous une distillation.
  4. Vérifier l'ordre : chaque étape doit être précédée de celles qui la protègent, sans quoi le filtre se bouche et la désinfection est inefficace.

Reconstituer une chaîne

Une eau d'oued contient des branches, du limon en suspension, des bactéries et des sels dissous. Quelles étapes appliquer, et dans quel ordre ?

  1. Dégrillage d'abord, pour retirer les branches : sans lui, elles boucheraient tout le reste de l'installation.
  2. Décantation avec floculant ensuite, pour faire tomber le limon, trop fin pour se déposer seul.
  3. Filtration sur sable, pour retenir les particules qui restent en suspension.
  4. Désinfection enfin, pour détruire les bactéries, que rien de ce qui précède n'a éliminées.
  5. Les sels dissous, eux, restent : l'eau obtenue est potable, elle n'est pas pure, et c'est ce qui est recherché.

Le traitement des eaux usées

Définition

Eau usée : Une eau usée est une eau qui a été utilisée et qui est chargée de déchets : eaux domestiques des cuisines, des salles de bain et des toilettes, eaux industrielles, eaux de ruissellement des rues.

Rejetée telle quelle dans un oued ou dans la mer, une eau usée détruit le milieu naturel : elle prive l'eau de son dioxygène dissous, ce qui asphyxie les poissons, et elle y répand des micro-organismes dangereux. Elle passe donc par une station d'épuration avant d'être rendue au milieu.

Le principe d'une station d'épurationQuatre bassins alignés et reliés. Le premier reçoit les eaux usées et porte une grille : c'est le prétraitement, qui retire les gros déchets, les sables et les graisses. Le deuxième est un bassin de décantation où les boues se déposent au fond. Le troisième est un bassin où de l'air est insufflé par le bas, ce qui alimente des bactéries chargées de dégrader les déchets dissous. Le quatrième est un bassin de clarification, d'où sort une eau claire rendue au milieu naturel.prétraitementdéchets, sablesdécantationboues au fondbassin à bactérieson insuffle de l'airclarificationrendue au milieules déchets solides d'abord, les déchets dissous ensuiteune eau épurée n'est pas potable pour autant
Le principe d'une station d'épuration. Une station d'épuration retire d'abord les déchets solides, puis confie à des bactéries la dégradation de ce qui reste dissous, avant de clarifier l'eau et de la rendre au milieu naturel.
  1. Le prétraitement retire par des grilles, des bassins de dessablage et de dégraissage les gros déchets, les sables et les graisses.
  2. La décantation primaire laisse se déposer les matières en suspension, qui forment les boues.
  3. Le traitement biologique confie à des bactéries la dégradation des déchets dissous, que ni la décantation ni la filtration n'atteignent. On insuffle de l'air pour que ces bactéries disposent du dioxygène nécessaire.
  4. La clarification sépare l'eau des bactéries et des dernières boues, avant le rejet dans le milieu naturel.

Attention

Une eau épurée n'est pas potable. L'épuration la rend acceptable pour le milieu naturel, pas pour la boisson : elle contient encore des micro-organismes et n'a subi aucune désinfection destinée à un usage alimentaire. Les deux traitements ont deux objectifs différents et ne se remplacent pas.

Propriété

Les deux chaînes se répondent

La potabilisation part d'une eau naturelle et l'amène jusqu'au robinet. L'épuration part de l'eau du robinet devenue usée et la ramène au milieu naturel. Ensemble, elles referment un cycle domestique de l'eau, greffé sur le grand cycle naturel.

Le cycle domestique de l'eauUne boucle fermée composée de cinq étapes reliées par des flèches. Depuis un barrage, l'eau va vers une station de traitement, puis vers les maisons de la ville, puis vers une station d'épuration, puis retourne au milieu naturel, oued ou mer, d'où l'évaporation et les pluies la ramènent au barrage. La boucle est fermée et parcourue dans un seul sens.barragetraitementla villeépurationoued, merpluiesune boucle fermée : l'eau circule, elle ne disparaît paschaque étape rend l'eau à l'étape suivante
Le cycle domestique de l'eau. L'eau prélevée au barrage est traitée, distribuée, utilisée, épurée puis rendue au milieu naturel, d'où le cycle de l'eau la ramène : c'est une boucle, pas une consommation.

Préserver l'eau au Maroc

Le premier chapitre du semestre l'a établi : la quantité d'eau de la Terre ne varie pas, mais la part utilisable est minuscule, et le Maroc est en situation de stress hydrique, avec moins de 1000 m3 d'eau douce par habitant et par an. Traiter l'eau coûte cher ; la polluer moins coûte toujours moins.

Source de pollutionCe qu'elle apporte à l'eauComment la limiter
Eaux usées domestiquesmatières organiques, savons, microbesraccorder au réseau d'assainissement
Agricultureengrais et pesticides entraînés par la pluiedoser les apports, limiter le ruissellement
Industriemétaux, huiles, produits chimiquestraiter les rejets avant évacuation
Déchets jetés dans les ouedsplastiques, huiles de vidange, médicamentscollecter et déposer en déchetterie
Un litre d'huile de vidange jeté dans un évier peut rendre impropre à la consommation un très grand volume d'eau : la pollution est bien plus rapide que le traitement.
  • Réparer un robinet qui goutte économise jusqu'à 100 L par jour.
  • Préférer une douche courte à un bain économise environ 100 L à chaque fois.
  • Arroser le soir limite l'évaporation, donc les pertes.
  • L'irrigation au goutte-à-goutte est l'économie la plus efficace du pays, puisque l'agriculture consomme environ 85 % de l'eau douce.
  • Réutiliser les eaux épurées pour l'arrosage des espaces verts et des terrains de sport libère de l'eau potable pour la boisson.
  • Ne jamais jeter huile, peinture ni médicament dans un évier.

Remarque

Là où l'eau douce manque totalement, on dessale l'eau de mer. Le procédé est efficace mais il consomme beaucoup d'énergie, puisqu'il faut faire changer l'eau d'état pour la séparer de ses sels. C'est pourquoi il reste une solution de dernier recours, et pourquoi économiser un mètre cube coûtera toujours moins cher que d'en produire un.

Comparer deux efforts

Une ville de 200000 habitants consomme 150 L d'eau potable par habitant et par jour. Une campagne d'économie fait baisser cette consommation de 10 %. Quel volume est libéré chaque jour ?

  1. Consommation quotidienne : 200000×150=30000000 L, soit 30000 m3.
  2. Économie de 10 % : 30000×0,10=3000 m3 par jour.
  3. Ces 3000 m3 n'ont demandé aucune station, aucune énergie et aucun investissement : ils viennent de gestes simples, répétés par tous.

Questions fréquentes

Quelles sont les étapes du traitement de l'eau potable ?

Elles sont au nombre de cinq et vont du plus grossier au plus fin. Le dégrillage retire les gros déchets sur des grilles. La décantation, aidée d'un floculant comme le sulfate d'aluminium, fait tomber les particules au fond de grands bassins. La filtration sur sable, parfois complétée de charbon actif, retient les particules fines. La désinfection au chlore, à l'ozone ou aux ultraviolets détruit les micro-organismes. L'eau est enfin stockée puis distribuée.

Quelle est la différence entre une eau potable et une eau pure ?

Une eau potable peut être bue sans danger, mais elle contient encore des sels minéraux dissous, et c'est souhaitable : ils lui donnent son goût et apportent du calcium et du magnésium. Une eau pure ne contient rien d'autre que de l'eau ; elle est fade et n'apporte aucun sel minéral. L'eau du robinet est potable et n'est pas pure.

Une eau limpide est-elle potable ?

Non. La limpidité prouve seulement qu'il n'y a plus de particules en suspension. Les micro-organismes, eux, sont invisibles à l'œil nu, et une eau parfaitement claire peut contenir des bactéries dangereuses. C'est exactement la raison d'être de l'étape de désinfection, qui vient après la filtration sur une eau déjà claire.

Pourquoi la filtration ne suffit-elle pas à rendre une eau potable ?

Parce qu'un filtre à sable retient ce qui est trop gros pour le traverser, c'est-à-dire des particules en suspension. Les micro-organismes sont bien plus petits et passent sans être arrêtés, et les sels dissous traversent également. Il faut donc une désinfection pour les microbes, et un procédé bien plus coûteux, comme la distillation, pour les corps dissous.

À quoi sert le chlore dans le traitement de l'eau ?

À désinfecter, c'est-à-dire à détruire les bactéries et les virus présents dans l'eau. Cette étape est la seule de la chaîne qui ne sépare rien : toutes les autres retirent des constituants, celle-ci tue des êtres vivants. L'ozone et les rayons ultraviolets remplissent le même rôle. Un reste de chlore est maintenu dans le réseau pour que l'eau demeure protégée jusqu'au robinet.

Comment fonctionne une station d'épuration ?

En quatre temps. Le prétraitement retire les gros déchets, les sables et les graisses. Une décantation laisse se déposer les matières en suspension, qui forment les boues. Un bassin biologique, dans lequel on insuffle de l'air, confie à des bactéries la dégradation des déchets dissous que rien d'autre n'atteint. Une clarification finale sépare l'eau des bactéries avant son rejet dans le milieu naturel.

Peut-on boire l'eau qui sort d'une station d'épuration ?

Non. Une eau épurée est rendue au milieu naturel, pas au robinet : elle contient encore des micro-organismes et n'a subi aucune désinfection destinée à la consommation. Potabilisation et épuration ont deux objectifs différents et ne se remplacent pas. Cette eau peut en revanche servir à arroser des espaces verts, ce qui libère d'autant d'eau potable.

Pourquoi ne peut-on pas rendre l'eau de mer potable par filtration ?

Parce que le sel y est dissous : ses particules sont infiniment plus petites que les pores d'un filtre et passent avec l'eau. Une eau de mer passée dans une station classique ressortirait limpide, désinfectée et imbuvable. Il faut un dessalement, qui repose sur le principe de la distillation et exige de faire changer l'eau d'état, donc beaucoup d'énergie.

Pourquoi faut-il traiter les eaux usées avant de les rejeter ?

Parce qu'une eau usée rejetée telle quelle détruit le milieu naturel. Les bactéries qui dégradent ses matières organiques consomment le dioxygène dissous de l'eau, ce qui asphyxie les poissons, et elle y répand des micro-organismes dangereux pour les habitants situés en aval. Traiter à la source coûte toujours moins cher que de dépolluer ensuite.

Comment économiser l'eau au quotidien ?

En réparant les robinets qui gouttent, qui perdent jusqu'à 100 L par jour, en préférant une douche courte, environ 50 L, à un bain, environ 150 L, en arrosant le soir pour limiter l'évaporation, et en ne jetant jamais huile, peinture ni médicament dans un évier. À l'échelle du pays, l'irrigation au goutte-à-goutte est l'économie la plus efficace, puisque l'agriculture consomme environ 85 % de l'eau douce disponible.

Quiz : 20 questions sur ce chapitre

20 questions tirées au hasard parmi les 40 de ce chapitre : le quiz est différent à chaque visite. Une seule réponse est correcte, et vous voyez immédiatement si la vôtre l'est.

Q1Une eau brute est :

Exercices corrigés

30 exercices classés du plus simple au plus difficile. Cherchez d'abord seul, puis révélez la correction rédigée étape par étape.

Exercice 1

Facile

Associer chaque description à l'eau qui convient.

  1. Elle est prélevée dans un barrage, avant tout traitement.
  2. On peut la boire sans danger, elle contient des sels minéraux.
  3. Elle ne contient rien d'autre que de l'eau.

Correction

1. L'eau brute.

2. L'eau potable.

3. L'eau pure.

Exercice 2

Facile

Remettre les étapes du traitement d'une eau brute dans l'ordre.

  • Filtration
  • Désinfection
  • Dégrillage
  • Décantation

Correction

L'ordre est : dégrillage, décantation, filtration, désinfection.

On va toujours du plus grossier au plus fin, et la désinfection vient en dernier, sur une eau déjà claire.

Exercice 3

Facile

Indiquer si chaque affirmation est vraie ou fausse.

  1. Une eau potable est une eau pure.
  2. Une eau limpide est forcément potable.
  3. La filtration retire les microbes.
  4. La désinfection détruit les micro-organismes.

Correction

1. Faux. Elle contient des sels minéraux dissous.

2. Faux. Un microbe ne se voit pas.

3. Faux. Les microbes sont bien trop petits pour être retenus par du sable.

4. Vrai. C'est le seul but de cette étape.

Exercice 4

Facile

Que retire chaque étape ?

  1. Le dégrillage
  2. La décantation
  3. La filtration
  4. La désinfection

Correction

1. Les gros déchets : branches, sacs, objets flottants.

2. Les particules les plus denses, qui tombent au fond.

3. Les particules fines restées en suspension.

4. Rien : elle détruit les micro-organismes.

Exercice 5

Facile

Citer trois critères qu'une eau doit remplir pour être potable.

Correction

1. Être limpide et incolore, sans particule en suspension.

2. Ne contenir aucun micro-organisme dangereux.

3. Ne contenir aucune substance toxique au-delà des seuils autorisés, et des sels dissous en quantités limitées.

Exercice 6

Facile
  1. Citer deux produits ou procédés de désinfection.
  2. Que détruisent-ils ?
  3. Cette étape retire-t-elle les sels dissous ?

Correction

1. Le chlore, l'ozone, ou les rayons ultraviolets.

2. Les micro-organismes : bactéries et virus.

3. Non, aucunement : les sels dissous traversent toute la chaîne de traitement.

Exercice 7

Facile
  1. Qu'est-ce qu'une eau usée ?
  2. Où est-elle traitée ?
  3. L'eau qui sort de ce traitement est-elle potable ?

Correction

1. Une eau déjà utilisée et chargée de déchets : eaux domestiques, industrielles ou de ruissellement.

2. Dans une station d'épuration.

3. Non : elle est rendue au milieu naturel, pas au robinet.

Exercice 8

Facile

Ces gestes économisent-ils l'eau ?

  1. Réparer un robinet qui goutte
  2. Prendre un bain plutôt qu'une douche
  3. Arroser le jardin le soir
  4. Laisser couler l'eau pendant la vaisselle

Correction

1. Oui : jusqu'à 100 L par jour.

2. Non : environ 150 L contre 50 L.

3. Oui : l'évaporation est plus faible qu'en plein midi.

4. Non, c'est un gaspillage évitable.

Exercice 9

Facile
  1. À quelle étape ajoute-t-on un floculant ?
  2. À quoi sert-il ?
  3. Citer un exemple de floculant.

Correction

1. À la décantation.

2. À rassembler les particules trop fines pour se déposer seules, en flocons assez gros pour tomber au fond.

3. Le sulfate d'aluminium.

Exercice 10

Facile

Un filtre à sable comporte plusieurs couches superposées.

  1. Où se trouve le sable le plus fin ?
  2. Où se trouvent les graviers ?
  3. Par où l'eau entre-t-elle ?

Correction

1. En haut, là où l'eau arrive.

2. En bas, sous les couches de sable.

3. Par le haut, et elle ressort limpide par le bas.

Exercice 11

Moyen

Pour chaque étape, indiquer la propriété exploitée.

  1. Le dégrillage
  2. La décantation
  3. La filtration
  4. La désinfection

Correction

1. La taille : les déchets trop gros ne passent pas la grille.

2. La masse volumique : ce qui est plus dense que l'eau tombe.

3. La taille, à une échelle beaucoup plus fine.

4. Aucune : la désinfection ne sépare rien, elle détruit des êtres vivants. C'est la seule étape de la chaîne qui ne soit pas une séparation.

Exercice 12

Moyen

Un randonneur boit l'eau parfaitement limpide d'une source de montagne et tombe malade.

  1. L'aspect de l'eau était-il un bon critère ?
  2. Que contenait probablement cette eau ?
  3. Quel geste simple aurait suffi à la rendre potable ?

Correction

1. Non. La limpidité prouve seulement l'absence de particules en suspension, jamais celle de micro-organismes.

2. Des bactéries ou d'autres micro-organismes.

3. La faire bouillir quelques minutes, ce qui détruit la plupart des micro-organismes. Une pastille de désinfection produit le même effet. La faire simplement décanter ou filtrer n'aurait rien changé.

Exercice 13

Moyen

Un technicien propose de désinfecter l'eau brute dès son arrivée, avant toute autre étape.

  1. Pourquoi ce choix est-il mauvais ?
  2. Que se passerait-il ensuite ?
  3. Quelle règle générale cet exemple illustre-t-il ?

Correction

1. Parce que l'eau brute est chargée de matières qui consomment le désinfectant : il faudrait en mettre beaucoup plus pour un résultat moins sûr, et les particules protègent les microbes qu'elles enrobent.

2. Les étapes suivantes remettraient d'ailleurs l'eau en contact avec des bassins et des filtres non stériles : la désinfection serait à refaire.

3. Chaque étape doit être précédée de celles qui la protègent. On va du plus grossier au plus fin, et l'étape la plus délicate vient toujours en dernier, sur une eau déjà propre.

Exercice 14

Moyen

Une eau de mer est envoyée dans une station de potabilisation classique : dégrillage, décantation, filtration, désinfection.

  1. L'eau obtenue est-elle limpide ?
  2. Est-elle potable ?
  3. Quel procédé faudrait-il ajouter ?

Correction

1. Oui, chaque étape a fait son travail.

2. Non : le sel est dissous, donc il a traversé toute la chaîne. L'eau obtenue est limpide, désinfectée et imbuvable.

3. Un dessalement, c'est-à-dire une distillation ou un procédé équivalent, seul capable de séparer un corps dissous de son solvant.

Exercice 15

Moyen

Une station d'épuration comporte un bassin où l'on insuffle de l'air.

  1. À quoi sert cet air ?
  2. Que dégradent les bactéries de ce bassin ?
  3. Pourquoi la décantation ne suffisait-elle pas ?

Correction

1. À fournir aux bactéries le dioxygène dont elles ont besoin pour vivre et travailler.

2. Les déchets dissous, notamment les matières organiques.

3. Parce que la décantation ne fait tomber que ce qui est en suspension. Ce qui est dissous ne se dépose jamais, et c'est précisément ce que les bactéries prennent en charge.

Exercice 16

Moyen

Une ville rejette ses eaux usées directement dans un oued, sans épuration.

  1. Quelles conséquences pour les poissons ?
  2. Quelles conséquences pour les habitants en aval ?
  3. L'oued finit-il par se nettoyer seul ?

Correction

1. Les matières organiques rejetées sont dégradées par des bactéries qui consomment le dioxygène dissous de l'eau. Les poissons, privés de dioxygène, meurent asphyxiés.

2. L'eau qu'ils prélèvent contient des micro-organismes dangereux et des substances toxiques : risque sanitaire direct, et coût de traitement bien plus élevé.

3. Partiellement et lentement, si les rejets restent faibles. Au-delà d'un certain débit, la capacité de l'oued est dépassée et la dégradation s'installe durablement. Traiter à la source est toujours moins coûteux que de compter sur le milieu.

Exercice 17

Moyen

Une famille de 5 personnes consomme 140 L d'eau potable par personne et par jour.

  1. Quelle est sa consommation quotidienne ?
  2. Quelle est sa consommation annuelle, en m3 ?
  3. Une réduction de 15 % économise quel volume par an ?

Correction

1. 5×140=700 L par jour.

2. 700×365=255500 L, soit environ 255,5 m3 par an.

3. 255,5×0,1538 m3 par an.

Exercice 18

Moyen

Certaines stations ajoutent une couche de charbon actif après le sable.

  1. Que retient le sable ?
  2. Qu'apporte le charbon actif en plus ?
  3. Pourquoi le place-t-on après le sable et non avant ?

Correction

1. Les particules en suspension, par leur taille.

2. Il retient en plus des substances dissoutes responsables des mauvais goûts et des odeurs, que le sable laisse passer.

3. Parce que le charbon actif est coûteux et se sature vite. Placé après le sable, il ne reçoit qu'une eau déjà débarrassée des particules, donc il dure beaucoup plus longtemps. C'est encore la règle du plus grossier au plus fin.

Exercice 19

Moyen

Une ville utilise ses eaux épurées pour arroser les espaces verts et les terrains de sport.

  1. Pourquoi ne les envoie-t-on pas au robinet ?
  2. Quel est l'intérêt de cet usage ?
  3. Quelle précaution reste nécessaire ?

Correction

1. Parce qu'une eau épurée n'est pas potable : elle contient encore des micro-organismes et n'a pas subi de désinfection alimentaire.

2. Elle libère de l'eau potable pour la boisson : arroser un gazon avec de l'eau traitée pour être bue est un gaspillage de traitement autant que d'eau.

3. Il faut éviter tout contact avec les usagers pendant et juste après l'arrosage, et interdire cet usage pour les cultures consommées crues. Un usage adapté à la qualité de l'eau, c'est exactement le principe.

Exercice 20

Moyen

On compare la potabilisation et l'épuration.

  1. D'où part chacune, et où arrive-t-elle ?
  2. Quelle étape n'existe que dans la potabilisation ?
  3. Quelle étape n'existe que dans l'épuration ?

Correction

1. La potabilisation part d'une eau naturelle et arrive au robinet. L'épuration part d'une eau usée et arrive au milieu naturel.

2. La désinfection destinée à la consommation, qui garantit qu'aucun micro-organisme dangereux ne subsiste.

3. Le traitement biologique par des bactéries, qui dégrade les matières organiques dissoutes. Une eau brute en contient trop peu pour le justifier.

Exercice 21

Moyen

Un automobiliste vide un litre d'huile de vidange dans un évier.

  1. Où cette huile finit-elle ?
  2. La station d'épuration l'arrête-t-elle facilement ?
  3. Quel geste aurait été correct ?

Correction

1. Dans le réseau d'assainissement, puis à la station d'épuration, et enfin, pour ce qui n'a pas été retenu, dans le milieu naturel.

2. En partie seulement : le dégraissage du prétraitement en retire une fraction, mais une huile se disperse en fines gouttelettes difficiles à capter, et elle perturbe les bactéries du bassin biologique.

3. Rapporter l'huile en déchetterie ou au garage, où elle est collectée et recyclée. Empêcher une pollution est toujours plus simple que de la traiter.

Exercice 22

Moyen

Un pays est en stress hydrique lorsqu'il dispose de moins de 1000 m3 d'eau douce par habitant et par an.

  1. Un pays disposant de 16 milliards de m3 pour 37 millions d'habitants est-il en stress hydrique ?
  2. Quelle grandeur peut évoluer sans qu'une goutte ne soit perdue ?
  3. En quoi le traitement des eaux répond-il à ce problème ?

Correction

1. 1600000000037000000432 m3 par habitant et par an : oui, nettement.

2. La population. À ressource constante, une population qui augmente fait mécaniquement baisser le volume par habitant.

3. Il ne crée pas d'eau, mais il remet en circulation une eau qui serait sortie du stock utilisable. Épurer et réutiliser revient à disposer d'un volume supplémentaire sans nouvelle ressource.

Exercice 23

Difficile

Une eau de puits contient du sable, des particules d'argile très fines, des bactéries et des nitrates dissous.

  1. Proposer une chaîne de traitement adaptée.
  2. Justifier l'ordre choisi.
  3. Quel constituant reste le plus difficile à éliminer, et pourquoi ?

Correction

Étape 1, décantation avec floculant : le sable tombe seul, et le floculant rassemble l'argile en flocons assez lourds pour se déposer.

Étape 2, filtration sur sable : elle retient ce que la décantation a laissé en suspension.

Étape 3, désinfection : elle détruit les bactéries, que rien de ce qui précède n'a atteintes.

2. L'ordre va du plus grossier au plus fin. Décanter d'abord évite de colmater le filtre dès les premières heures ; désinfecter en dernier garantit que le produit agit sur une eau claire, où plus aucune particule ne protège les microbes.

3. Les nitrates, parce qu'ils sont dissous : ni la décantation, ni la filtration, ni la désinfection ne les atteignent. Il faudrait un traitement spécifique, par exemple un échange d'ions ou une distillation, tous deux nettement plus coûteux.

Exercice 24

Difficile

Quatre affirmations sont proposées.

  • A : « Si l'eau est limpide, elle est potable. »
  • B : « L'eau potable est de l'eau pure. »
  • C : « L'eau épurée d'une station peut être bue. »
  • D : « La filtration élimine les microbes. »
  1. Dire pourquoi chacune est fausse.
  2. Quelle confusion commune expliquent-elles ?

Correction

A. La limpidité ne renseigne que sur les particules en suspension. Un micro-organisme est invisible, et une eau parfaitement claire peut être dangereuse.

B. Une eau potable contient des sels minéraux dissous, et c'est souhaitable : ils lui donnent son goût et apportent du calcium et du magnésium.

C. Une eau épurée est rendue au milieu naturel, pas au robinet. Elle n'a subi aucune désinfection destinée à la consommation.

D. Le sable retient des particules, pas des micro-organismes, bien trop petits. C'est le rôle exclusif de la désinfection.

2. Les quatre confondent des qualités qui portent sur des choses différentes : l'aspect (limpide), la composition (pure), l'aptitude à être bue (potable) et la destination (épurée). Une eau peut posséder l'une sans les autres, et c'est précisément pour cela que chacune se vérifie par un test qui lui est propre.

Exercice 25

Difficile

Une station de potabilisation traite 50000 m3 d'eau par jour. Elle utilise 2 g de floculant par mètre cube et 1,5 g de chlore par mètre cube.

  1. Quelle masse de floculant consomme-t-elle chaque jour ?
  2. Quelle masse de chlore ?
  3. Quelle masse totale de produits par an ?
  4. Que deviendrait cette consommation si l'eau brute était deux fois plus chargée en particules ?

Correction

1. 50000×2=100000 g, soit 100 kg de floculant par jour.

2. 50000×1,5=75000 g, soit 75 kg de chlore.

3. (100+75)×365=63875 kg, soit près de 64 tonnes par an.

4. La consommation de floculant augmenterait fortement, puisqu'il agit précisément sur les particules. Celle de chlore augmenterait aussi, car une eau plus chargée consomme davantage de désinfectant. Protéger la ressource en amont réduit donc directement le coût du traitement en aval : c'est un argument économique autant qu'écologique.

Exercice 26

Difficile

Une station de dessalement produit 80000 m3 d'eau douce par jour à partir d'eau de mer contenant 35 g de sels par litre.

  1. Pourquoi une filtration ne suffirait-elle pas ?
  2. Quelle méthode du semestre le dessalement met-il en œuvre ?
  3. Pourquoi ce procédé consomme-t-il beaucoup d'énergie ?
  4. Pourquoi économiser l'eau reste-t-il préférable ?

Correction

1. Parce que les sels sont dissous : leurs particules traversent n'importe quel filtre avec l'eau.

2. La distillation, dans son principe : on sépare le solvant de son soluté en faisant changer l'eau d'état.

3. Parce qu'un changement d'état exige une grande quantité de chaleur, comme le montre le palier de vaporisation : pendant tout le palier, l'énergie fournie ne fait même pas monter la température.

4. Parce qu'un mètre cube économisé ne coûte rien à produire, alors qu'un mètre cube dessalé coûte de l'énergie, des installations et de l'entretien. À besoin égal, réduire la demande est toujours moins cher que d'augmenter l'offre.

Exercice 27

Difficile

On suit une même quantité d'eau depuis un barrage jusqu'à son retour au milieu naturel.

  1. Décrire les cinq étapes de son parcours.
  2. À quel moment est-elle potable ?
  3. À quel moment est-elle usée ?
  4. Cette eau est-elle consommée au sens strict ?

Correction

1. Prélèvement au barrage, traitement en station de potabilisation, distribution et usage dans la ville, collecte en eaux usées et épuration, puis rejet dans un oued ou en mer.

2. Entre la sortie de la station de traitement et son usage : c'est le seul segment du parcours où elle l'est.

3. Dès qu'elle a été utilisée, donc dès l'évier ou la douche, et jusqu'à la sortie de la station d'épuration.

4. Non. Elle n'est ni créée ni détruite : elle est déplacée, salie, puis nettoyée et rendue. Le cycle naturel la reprend ensuite par évaporation et précipitations. Ce que l'on consomme, ce n'est pas l'eau, c'est sa qualité et l'énergie dépensée à la maintenir.

Exercice 28

Difficile

Dans une station, le dispositif de désinfection tombe en panne pendant plusieurs heures, sans que les autres étapes soient affectées.

  1. L'eau distribuée sera-t-elle trouble ?
  2. Sera-t-elle potable ?
  3. Comment s'en apercevrait-on ?
  4. Quelle leçon en tirer sur les critères de potabilité ?

Correction

1. Non : le dégrillage, la décantation et la filtration ont fonctionné normalement, donc l'eau est parfaitement limpide.

2. Non : elle contient des micro-organismes vivants, donc elle est dangereuse.

3. Pas à l'œil, ni au goût, ni à l'odeur. Seule une analyse en laboratoire, ou l'apparition de malades quelques jours plus tard, révélerait le problème. C'est pourquoi les stations mesurent en continu le taux de désinfectant plutôt que d'attendre un signe visible.

4. Que la potabilité n'est pas une propriété observable. Elle se garantit par un procédé contrôlé et se vérifie par des analyses, jamais par l'inspection du consommateur.

Exercice 29

Difficile

Une ville de 400000 habitants consomme 160 L par habitant et par jour. On lui propose deux solutions : construire une station produisant 8000 m3 par jour, ou lancer une campagne d'économie visant une baisse de 15 %.

  1. Calculer la consommation quotidienne actuelle.
  2. Quel volume la campagne d'économie libérerait-elle ?
  3. Comparer les deux solutions.
  4. Sont-elles exclusives l'une de l'autre ?

Correction

1. 400000×160=64000000 L, soit 64000 m3 par jour.

2. 64000×0,15=9600 m3 par jour.

3. La campagne libère 9600 m3 contre 8000 pour la station : elle fait mieux, sans construction, sans énergie et sans entretien. Elle demande en revanche un effort durable de toute la population, alors qu'une station produit sans rien exiger de personne.

4. Non, et c'est le point important. Économiser réduit la demande, construire augmente l'offre : les deux s'additionnent. Dans un pays en stress hydrique, on fait généralement les deux, en commençant par l'économie, qui est la moins coûteuse et la plus rapide à mettre en œuvre.

Exercice 30

Difficile

Une station de potabilisation reprend, sans le dire, presque toutes les notions du semestre.

  1. Quelle notion du chapitre sur les mélanges y intervient ?
  2. Quelles méthodes du chapitre sur la séparation y sont utilisées, et lesquelles ne le sont pas ?
  3. Quelle grandeur mesurée du semestre permet de vérifier un débit ou un volume traité ?
  4. Quelle notion du chapitre sur le corps pur permet de dire qu'une eau potable n'est pas pure ?
  5. Quelle conclusion générale tirer sur ce que le traitement peut et ne peut pas faire ?

Correction

1. La distinction hétérogène / homogène. L'eau brute est un mélange hétérogène, et les premières étapes le ramènent à un mélange homogène ; ce qui reste ensuite est dissous, donc inaccessible aux méthodes mécaniques.

2. Y sont utilisés le tamisage (dégrillage), la décantation et la filtration. N'y sont pas utilisées la distillation, réservée au dessalement, ni la chromatographie, qui sert à analyser et non à traiter.

3. Le volume, avec ses unités et ses conversions : un débit se compte en mètres cubes par jour, et 1 m3=1000 L. Toute la gestion d'une station repose sur ces conversions.

4. Les caractéristiques d'un corps pur. Une eau potable ne présenterait pas exactement un palier net à 100 °C, et laisserait un dépôt à l'évaporation : ces deux tests montrent qu'elle contient des sels dissous, donc que c'est un mélange homogène.

5. Le traitement sépare ce qui n'est pas dissous et détruit les micro-organismes, mais il ne fabrique pas d'eau et n'atteint pas les corps dissous sans un procédé coûteux. Comme la quantité totale d'eau ne varie pas, la seule variable sur laquelle on agisse réellement est sa qualité : la préserver en amont revient toujours moins cher que la restaurer en aval.